
- L'homosexualité, objet de rejet - Google images
Le suicide est devenu une grande cause nationale après la Seconde Guerre mondiale. Entre 1958 et 1961, de nombreux centres d'accueil et d'écoute ont été créés, à l'image de SOS-amitié.
Chez les jeunes homosexuels, le nombre de personnes qui se suicident demeure relativement important. Plusieurs études montrent qu'un jeune homosexuel sur quatre tente de se donner la mort. Plusieurs raisons expliquent ce mal-être.
Un sentiment d'exclusion
Toutes les études anglo-saxonnes s'accordent sur un point : ce n'est pas le fait d'être homosexuel qui conduit les jeunes au suicide, mais le comportement agressif des homophobes à l'égard des jeunes gays. L'école représente un lieu hostile pour eux. Le sentiment d'exclusion et les moqueries incessantes accentuent leur mal-être identitaire. L'impression d'être différent peut conduire à la dépression, premier pas vers le suicide. La famille joue également un rôle important dans l'acceptation de soi. Ne pas être jugé par ses pairs demeure donc essentiel. Toutefois, d'autres facteurs rentrent en compte.
Les facteurs aggravants
Certaines études démontrent que l'origine sociale n'est pas étrangère au phénomène. La plupart des jeunes homosexuels qui souhaitent mettre fin à leurs jours appartiennent à une classe plutôt modeste. Souvent chômeurs ou bénéficiaires des minima sociaux, ils ont un réseau social assez lâche. Le manque d'amis et la maigre fréquentation des lieux homosexuels accentuent leur impression d'être rejetés par la société.
D'autre part, les substances illicites, consommées pour atténuer leur mal-être, ne font que l'accroître.
La politique et l'homosexualité
Les mesures politiques destinées à aider les homosexuels se mettent difficilement en place. Aujourd'hui encore, les opinions restent divisées sur le mariage des gays en France. Les Pays-Bas, eux, autorisent le mariage homosexuel depuis 2001. Les couples canadiens de même sexe peuvent également s'unir depuis 2005. Cinq États américains autorisent eux aussi le mariage homosexuel depuis un an. D'ailleurs, le président Barack Obama affirme être favorable aux unions civiles homosexuelles. La France apparaît donc extrêmement frileuse sur le sujet.
D'ailleurs, des mesures pour enrayer l'exclusion des jeunes homosexuels ont été envisagées avant d'être abandonnées. Pas de discussions sur l'homosexualité dans les classes primaires françaises.
Cependant, le gouvernement français a tout intérêt à proposer des mesures concrètes pour favoriser l'insertion des homosexuels dans la société. En janvier 2009, à Nîmes, un jeune homophobe de 19 ans tuait de plusieurs coups de couteaux un homme de 58 ans à cause de son orientation sexuelle.
Les revendications des gays et lesbiennes
Les homosexuels souhaitent que le suicide soit davantage pris en compte dans la société. Les mesures de prévention pour lutter contre le suicide chez les jeunes homosexuels se mettent en place dans les établissements scolaires.
Cela passe également par des manifestations. La Gay Pride reste un rendez-vous annuel très important.
La mise en place de groupes de paroles semble aussi essentielle. Les jeunes gays recherchent des modèles d'homosexuels heureux. A la question : "Citez-moi un couple célèbre d'homosexuels heureux", le silence s'installe.
Une cause française mais aussi mondiale
Cependant, il ne faut pas considérer la France comme un cas à part. Le taux de suicide chez les jeunes homosexuels est également important dans plusieurs autres pays du monde. En Allemagne, le risque de suicide chez les gays demeure quatre fois plus élevé que chez les hétérosexuels. Sont mis en cause l'environnement hostile et les injures verbales. En Russie, la situation paraît encore plus alarmante. Jusqu'en 1993, l'homosexualité était synonyme de crime et aujourd'hui, le sujet demeure complètement tabou.
Où sont les campagnes de prévention ?
Face à ce malheureux constat, les campagnes de préventions semblent être primordiales. Or, le manque de communication sur le sujet est flagrant.
Toutefois, en 2009, une campagne de prévention de la dépression visait essentiellement la population homosexuelle. Elle leur rappelait l'existence de lieux d'aides. Peut-être serait-il aussi judicieux de s'adresser aux personnes hétérosexuelles n'ayant pas une bonne opinion des gays, sans être homophobes.
Il faut également souligner le manque d'études françaises sur la question. Elles restent extrêmement rares. Parmi elles, "Homosexualités et suicide" des sociologues Eric Verdier et Jean-Marie Firdion, publiée en 2003.
Plus d'information sur le sentiment d'une vie râtée et référence à l'homosexualité : l'article de Jean-Luc Mercier, www.suite101.fr/content/lechec-dune-vie-ou-le-sentiment-dune-vie-ratee--dialectique-a22250
